Item #5416 Rudimenta hebraicæ linguæ. [Suivi de :] Praxis rudimentorum hebraicæ linguæ. HÉBRAÏCA, Antoine CHEVALIER.
Rudimenta hebraicæ linguæ. [Suivi de :] Praxis rudimentorum hebraicæ linguæ.
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Rudimenta hebraicæ linguæ. [Suivi de :] Praxis rudimentorum hebraicæ linguæ.

Item #5416

Genève : Jean Crespin, 1561 et [1560].
Deux parties en un volume in-8, [16] p., 187 p., [5] p. (dont 2 blanches) ; 62 p., [2] p. Vélin souple de l’époque, dos lisse avec titre en long à la plume. Mouillure au premier plat avec petit manque angulaire de peau,
lacets absents, bande de papier découpée en pied du feuillet de titre de la première partie, petits défauts de papier au colophon et à l’avant-dernier feuillet de la deuxième partie, notes un peu rognées en marge.
Première édition de cette méthode d’apprentissage de l’hébreu, assortie d’exercices pratiques.
Il s’agit de la troisième émission, avec addition de la préface en hébreu d’Immanuel Tremellius, beau-père de l’auteur.
Cet ouvrage a été composé par Antoine Chevalier (1523-1572), hébraïsant français, élève de François Vatable et de Paul Fagius. Converti au protestantisme, il enseigna à l’Académie de Genève de 1559 à 1567. L’examen des pièces liminaires témoigne de la vitalité de son cercle d’amis et de proches : on y trouve deux poèmes latins de Jean Tagaut, lecteur de philosophie et de mathématiques à Genève, la dédicace de Tremellius déjà mentionnée, la dédicace de Chevalier à Théodore de Bèze, et des pièces grecques de Florent Chrestien et de François Bérauld, fils de l’humaniste Nicolas Bérauld, passé à la Réforme.
L. Schwarzfuchs précise que « les petits caractères sont des Estienne, les plus grands des Bonhomme » (2011, p. 139).
La base GLN recense seulement 7 exemplaires en collections publiques dont 2 en France (Périgueux et Rodez).
Dans notre exemplaire, le nom de Théodore de Bèze, à qui s’adresse Étienne Chevalier, a été caviardé.
Exemplaire annoté par plusieurs hébraïsants.
L’exemplaire a été notamment possédé par Claude Mitalier (†1576), helléniste et hébraïsant, originaire du Dauphiné, vice-bailli de Vienne après avoir étudié le droit auprès de J. Cujas. « La bibliothèque municipale de Lyon possède actuellement une quinzaine d'ouvrages qui ont appartenu à Claude Mitalier » (Numelyo). Il faut ajouter que 2 impressions hébraïques avec son ex-libris sont passées par la bibliothèque de Joseph Scaliger (voir Van Ommen). On retrouve ici sa main avec des traits gothiques et un tracé très sûr de l’hébreu (p. 37) et dans la traduction des mots hébreux en latin (en particulier p. 76).
On peut attribuer à Federicus Sagerius, qui annote à la fin du XVIe siècle, les notes tracées d’une fine écriture cursive, notamment la transcription en caractères latins d’une table de conjugaison du passé du verbe niphal (p. 33-35). On connaît sa prédilection pour les langues orientales grâce à un volume des Estienne jadis signalé par E. Goldschmidt (Gothic and Renaissance bookbindings, I, 296). Dans les Rudimenta hebraicæ linguæ, il annote précisément le chapitre sur les voyelles brèves (p. 7) : « d’autres auteurs ne distinguent pas « camets catoups » du signe voyelle ‘kamets magnum’ comme il fait ici quand il considère que la voyelle ‘vâ’ est très brève » (« alii auctores non distinguunt camets catoups ab hac vocali ut facit hic dum ‘vâ’ brevissimam vocalem esse existimat »). À la p. 29, il ajoute une remarque de morphologie : « beth he la syllabe est formée de la dernière voyelle impe et fut (« beth he syllaba formatur ultimae vocis impe et fut »). Signalons qu’il indique aussi des références au livre de Ruth et au psaume 6 (p. 76).
Provenance : ex-libris de Claude Mitalier (c.1532-1540 (?)-1576) (« C. Mitalerius Viennensis ») natif de Vienne en Dauphiné. Son petit traité consacré au mots français apportés en hébreu par les juifs français sera posthumément publié à la suite des Hypomneses de gallica lingua d’Henri Estienne (Genève, 1582). Ex-libris de Federicus Sagerius : docteur en médecine, il est passé par Bologne et nombre de villes européennes durant sa pérégrination académique selon E. Goldschmidt (Gothic and Renaissance bookbindings, I, 296) qui présente son exemplaire d’A. Canini, Institutiones linguae syriacae, Assyriacæ atque Thalmudicæ, Paris, Estienne, 1554 en reliure bolonaise du temps. Un troisième possesseur indique qu’il a reçu l’ouvrage du chanoine Ménard (« Canonicus Menard mihi donavit », début du XVIIe s.). Un quatrième possesseur a signé « Le Roy » au début du XVIIe s. (première garde).
Bibliographie :
L. Schwarzfuchs, L’Hébreu dans le livre à Genève au XVIe siècle, 2011, n° 44. J.-F. Gilmont, Bibliographie des éditions de Jean Crespin, 1981, 60/4b et GLN-1663 et 5934. USTC, 450285.
Kasper Van Ommen, « 'Hebreæ dictio est' : two books from the library of Claudius Mitalerius", Omslag, Bulletin van de Universiteitsbibliotheek Leiden en het Scaliger Instituut, 2010, n° 3, p. 12-13 (2 impressions hébraïques conservées dans le fonds Scaliger à Leyde, UB). Dorit Raines, « Le collectionnisme des Aldine en France aux XVIIe-XVIIIe s., p. 301-341 (p. 307 pour 3 aldines qui ont appartenu à Mitalier conservées à la BM de Lyon). M. Crabe, Exemplary reading. Printed Renaissance Commentaries on Valerkius Maximus (1470-1600), Vienne, LIT Verlag, 2015 (en part. p. 242-247 pour C. Mitalier).

Prix: €3,000.00

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