Item #5387 Essai sur les comètes. Où l'on tâche d'expliquer les phénomènes qu'offrent leurs queues, et où l'on fait voir qu'elles sont probablement destinées à rendre les comètes des mondes habitables. ASTRONOMIE, Andrew OLIVER.
Essai sur les comètes. Où l'on tâche d'expliquer les phénomènes qu'offrent leurs queues, et où l'on fait voir qu'elles sont probablement destinées à rendre les comètes des mondes habitables..
Essai sur les comètes. Où l'on tâche d'expliquer les phénomènes qu'offrent leurs queues, et où l'on fait voir qu'elles sont probablement destinées à rendre les comètes des mondes habitables..

Essai sur les comètes. Où l'on tâche d'expliquer les phénomènes qu'offrent leurs queues, et où l'on fait voir qu'elles sont probablement destinées à rendre les comètes des mondes habitables..

Amsterdam : Marc-Michel Rey, 1777.
In-8, XXVIII-147 pages et une planche dépliante. Veau de l'époque, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin bordeaux, triple filet doré encadrant les plats, coupes et bordures décorées.
Charnières et coiffe supérieure restaurées ; rares petites rousseurs éparses. Item #5387

Première édition française de ce curieux ouvrage prétendant démontrer de manière scientifique l'habitabilité des comètes.
La première édition parut en anglais aux Etats-Unis, à Salem, en 1772.
La planche représente différentes formes de queues de comètes. L'auteur cherche à en expliquer la formation par une répulsion mutuelle d'origine électrique entre les atmosphères du Soleil et de la comète. Il consacre la seconde partie de son Essai à faire voir que les queues des comètes sont probablement destinées à faire de ces corps des mondes habitables.
Des auteurs fort sérieux n’ont pas hésité à imaginer des habitants aux comètes, citons Fontenelle dans les Entretiens sur la pluralité des mondes (1688), ou le mathématicien Lambert dans ses Lettres cosmologiques (1765).
« On retrouve ce souci de trouver une justification scientifique, fût-ce au prix d'hypothèses fantaisistes, à l'habitabilité des comètes, dans un petit livre publié par André Oliver aux États-Unis en 1772 et intitulé : Essai sur les comètes […].
Dans cet ouvrage, l'auteur nous explique d'abord comment se forment les queues. Il admet que les corps solides s'attirent et que les comètes sont soumises à l'attraction universelle.
Mais il n'en est pas de même des gaz, nous apprend-il ! En effet, un gaz a toujours tendance à remplir tout le volume qui lui est offert, ce qui prouve que les particules dont il est constitué, nous dirions les molécules, se repoussent au lieu de s'attirer. Si, cependant, l'atmosphère ne s'échappe pas de la terre, c'est qu'elle est attirée par notre globe.
Les comètes sont entourées d'une très vaste atmosphère, la chevelure. Le Soleil lui-même est doté d'une atmosphère, d'ailleurs constituée d'air puisque le Soleil est un globe en feu et que le feu sans air est impossible. Donc, lorsqu'une comète s'approche du Soleil, son atmosphère est repoussée par celle du Soleil avec une force d'autant plus grande que la distance qui sépare ces deux astres est plus petite, et forme à l'opposé du Soleil un long appendice, la queue.
On admet généralement (c'est toujours Oliver qui parle) que les comètes ne peuvent être habitées car leur distance au Soleil varie dans des proportions considérables et donc que les éventuels habitants seraient soumis au périhélie à des températures de fournaise, et à l'aphélie à des froids insupportables. La vie dans de telles conditions serait impossible.
Mais, nous rappelle fort opportunément l'auteur, il est plus facile d'enflammer du charbon dans l'air comprimé qu'à la pression normale ; cela tient tout simplement à ce que l'oxygène est nécessaire à la combustion et que celle-ci se fait d'autant mieux que ce gaz est plus abondant, c'est-à-dire que l'air est plus comprimé. Mais, cela, on l'ignorait en 1772 et Oliver nous propose une autre explication fort ingénieuse : les rayons solaires sont plus efficaces et chauffent mieux dans une atmosphère dense que dans une atmosphère raréfiée.
On explique alors aisément comment la température des noyaux cométaires reste à peu près constante ; lorsque la comète est très éloignée du Soleil, son atmosphère se rassemble et se condense autour du noyau qui est alors efficacement chauffé. Au fur et à mesure que la comète se rapproche du Soleil, la queue se forme sous l'effet de la répulsion exercée par l'atmosphère solaire. Et l'atmosphère de la comète, spécialement sur la face du noyau tournée vers le Soleil et qui en reçoit les rayons, se raréfie de plus en plus ; ces rayons sont donc de plus en plus inefficaces ; la température de la comète est donc ainsi régulée en permanence.
Pour conclure, l'auteur cite une pensée d'un docteur Williamson, extraite d'une communication publiée dans les Transactions of the American Philosophical Society of Philadelphia en 1770 : "Une des principales idées que nous devons nous former de l'Être suprême, c'est qu'il est la source de la vie, de l'intelligence et du bonheur et qu'il se plaît à les communiquer. La terre sur laquelle nous marchons, l'eau que nous buvons, et l'air que nous respirons, sont remplis de créatures vivantes, toutes faites comme elles doivent être pour vivre dans les lieux qui leur servent d'habitation. Supposerons-nous donc que notre petit globe est le seul qui ait été créé pour être habité, pendant que les comètes, dont plusieurs sont des mondes qui le surpassent en grandeur, n'ont été formées que pour offrir le spectacle d'un inutile chaos et pour être alternativement gelées par le froid le plus rigoureux, ou brûlées par la chaleur la plus ardente. Nous ne pouvons pas le penser : les comètes sont sans doute aussi habitées." (Michel Festou, Philippe Véron, Jean-Claude Ribes, Les Comètes, mythes et réalités, Flammarion, 1985, pp. 263-267.).

Prix: €900.00

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