Zayde, histoire espagnole. Par M. de Segrais. Avec un Traité de l'origine des romans, par Monsieur Huet.
Paris : G. P. du Mesnil pour Jacques Le Febvre, 1699.
Deux volumes in-12, (4)-411 pages et (4)-324 pages. Veau moucheté de l'époque, dos à nerfs orné à la grotesque, pièces de titre et de tomaison de maroquin havane.
Quelques légères auréoles sur les plats, quelques rousseurs occasionnelles, néanmoins bon exemplaire. Ex-libris manuscrit sur chaque premier contreplat et petit cachet sur chaque titre : Patté fils, IIe année de la République (1794). Item #5335
Rare seconde édition du troisième livre de Madame de La Fayette, qui marque les débuts du roman classique.
La première édition parut à Paris chez Claude Barbin en 1670-1671. Sans tenir compte de la contrefaçon amstellodamoise de 1671, l'édition parisienne de 1699 est la seconde. Elle contient le privilège du 8 octobre 1669 accordé à Segrais, qui l'avait cédé à Barbin. Figure également en tête, comme dans la première édition, le célèbre et important Traité de l'Origine des romans de Pierre Daniel Huet, évêque d'Avranches, ouvrage fondamental pour la critique du genre romanesque au XVIIe siècle.
"Zayde (1669-1671) introduit dans le romanesque traditionnel (cadre hispano-mauresque, batailles, enlèvements et naufrages, rencontres providentielles, conversations surprises, lettres interceptées) le pessimisme, le style sobre, l'analyse psychologique des temps nouveaux." (Jean Rohou, Histoire de la littérature française du XVIIe siècle, 2023, p. 252.)
"En dépit du plan de poème épique sur lequel est basé ce livre, auquel ne manque aucune des péripéties de la vieille matière romanesque, Zayde marque une étape dans le développement du roman. Son mérite consiste dans sa brièveté et sa finesse d'analyse, finesse qui ressort plutôt des actes des personnages que de dissertations longues et compliquées. Préférant nous laisser lire entre les lignes, l'auteur suggère beaucoup plus qu'elle ne dit. Enfin, le style limpide, bien approprié aux études nuancées du cœur, atteste de façon toute particulière un progrès réel vers la simplicité classique". ( Dorothy Frances Dallas, Le roman français de 1660 a 1680, 1977, p. 135.)
La première édition de cette histoire héroïque hispano-mauresque parut à Paris en 1670-1671.
"Segrais, banni de la maison de Mademoiselle pour avoir blâmé son mariage avec Lauzun, fut reçu dans celle de Madame de La Fayette. Pendant le séjour qu'il y fit, elle composa ses romans de Zaïde, et de la Princesse de Clèves, qu'elle le pria de faire paraître sous son nom. Il ne voulut pourtant pas qu'on ignorât qu'elle en était l'auteur ; il a écrit ces propres paroles : "La Princesse de Clèves est de madame de La Fayette : Zaïde est aussi d'elle. Il est vrai que j'y ai eu quelque part, mais seulement pour la disposition du roman". Huet, évêque d'Avranches, joignit son témoignage à celui de Ségrais, en déclarant qu'il avait vu madame de La Fayette composer Zaïde, et qu'elle le lui avait communiqué tout entier pièce à pièce. Ce fut pour mettre en tête de Zaïde qu'il fit son Traité de l'origine des romans." (Michaud, Biographie universelle)
H. Ashton, Essai de bibliographie des œuvres de Madame de la Fayette, n° 33. Absent de Tchemerzine.
Prix: €1,200.00
