Item #5340 Satyre ménippée contre les femmes, sur les poignantes traverses & incommoditez du mariage. [Suivi de :] Thiméthélie ou censure des femmes. [Et :] Deffence apologétique du Sieur de Courval… contre les censeurs de sa satyre du mariage. [Et :] Responce à la contre satyre. QUERELLE DES FEMMES, Thomas SONNET DE COURVAL.
Satyre ménippée contre les femmes, sur les poignantes traverses & incommoditez du mariage. [Suivi de :] Thiméthélie ou censure des femmes. [Et :] Deffence apologétique du Sieur de Courval… contre les censeurs de sa satyre du mariage. [Et :] Responce à la contre satyre.

Satyre ménippée contre les femmes, sur les poignantes traverses & incommoditez du mariage. [Suivi de :] Thiméthélie ou censure des femmes. [Et :] Deffence apologétique du Sieur de Courval… contre les censeurs de sa satyre du mariage. [Et :] Responce à la contre satyre.

Lyon : Vincent de Coeursilly, 1623.
Quatre parties en un volume in-8, (24)-193 pages (i.e. 189, saut de pagination entre 160 et 165, sans manque). Vélin rigidie de réemploi, dos lisse, pièce de titre fauve, lacets.
Titre général avec portrait de l'auteur, titre individuel pour chacune des quatre pièces. Item #5340

Rare édition lyonnaise de ce corpus misogyne : deux diatribes contre le mariage et les femmes, et les deux réponses de l'auteur aux critiques qu'elles soulevèrent.
C'est la première fois que ces quatre pièces sont imprimées ensemble.
La Satyre ménippée contre les femmes fut publiée pour la première fois en 1608 sous le titre Satyre Ménippée, ou Discours sur les poignantes traverses et incommoditez du mariage. Courval compose une diatribe antimatrimoniale inspirée par la Satire VI de Juvénal et conforme aux préjugés de son temps, reposant sur une véritable litanie des malheurs conjugaux et le mythe de l’impossible choix.
L’ouvrage fut réédité l’année suivante, augmenté de la Timéthélie, ou Censure des femmes et d’une Deffence apologétique contre les censeurs de sa satyre. Timéthélie approfondit et amplifie la charge antiféminine contenue dans la Satyre Ménippée. Courval y convoque le topos de la femme lubrique et l’image de la femme matrice, sous couvert de regard médical. Quant à la Deffence apologétique, elle contient la réponse de Courval « à ceux qui l’accusaient d’avoir touché un sujet ‘trop lascif & effeminé’ et de faire ‘tort aux Dames & Damoiselles’. Le plaidoyer du poète consiste notamment à opposer son savoir médical à ses censeurs qu’il juge « des gens du tout ignorans ». Le satirique prend le masque du docteur en médecine pour se défendre du reproche d’‘impudicité’ » (Carine Luccioni-Sauvage, « Les rencontres d'Esculape et Phébus dans la Satyre ménippée de Courval », Morales du poème à l’âge classique, p. 122). Dans sa Responce à la contre-satyre, parue initialement en 1609, le poète-médecin réitère sa défense.
« L’auteur de la Satyre Ménippée signe son oeuvre en tant que docteur en médecine car pour lui, satiriser, c’est ‘sonder & anatomiser’ » les moeurs. […] Sa Satyre Ménippée ressemble à une table de dissection où le thème du mariage est chirurgicalement ouvert et découpé pour être examiné dans toutes ses composantes. […] Bien qu’il se défende d’être l’ennemi des femmes, [Courval] y concentre les conceptions misogynes léguées par la tradition et entretenues par ses contemporains. La poésie de l’âge baroque contribue en effet à la vitalité d’un imaginaire culturel particulièrement hostile aux femmes. […] Mais pour conventionnelle qu’elle soit, la « Censure des femmes » de Courval se distingue des poèmes antiféminins du temps par la place qu’elle accorde aux questions de médecine. » (op. cit., pp. 126, 127, 131 et 132.)
Thomas Sonnet de Courval (1577-1627), issu de la noblesse normande, effectua des études de lettres à Caen et, peu après, de médecine à Paris et à Montpellier. Malgré le titre de médecin, il ne pratiqua jamais ce métier et se voua entièrement à l’écriture. Il fut le plus célèbre des Satiriques normands qui, vers 1620, rénovèrent le genre de la satire. Outre ces textes antiféminins, il écrivit sur la fausse science (Satire contre les charlatans et pseudomédecins empiriques, 1610) et sur la mauvaise administration de l'Etat, particulièrement la vénalité des offices.
Le CCFr ne recense que cinq exemplaires de notre édition (Chantilly, Aix-en-Provence, Bordeaux, BnF et Arsenal).
Gay III, 1071 ; Frère II, 538.

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