Leçons d'une gouvernante à ses élèves, ou fragmens d'un journal, qui a été fait pour l'éducation des enfans de Monsieur d'Orléans.
Paris : Onfroy, Née de La Rochelle, 1791.
Deux volumes in-12, 36-371 pages et 12-580 pages. Demi-basane rouge circa 1850, dos lisse orné de filets dorés et noirs et d'une roulette végétale en pied. Item #5209
Première édition de cette exposition et justification, par l'autrice, de son système pédagogique.
En 1782, Madame de Genlis fut nommée « gouverneur » des enfants du duc d'Orléans, position rare pour une femme à l'époque qui lui attira immédiatement des critiques. Ses relations avec les ducs d’Orléans, complexes, s’achevèrent par une violente rupture en avril 1791, lorsque la duchesse d’Orléans lui donna sa démission immédiate. Pour se défendre, Madame de Genlis écrivit les Leçons d’une gouvernante à ses élèves, plaidoyer en faveur de l’éducation donnée.
Cet ouvrage dévoile son approche éducative innovante, influencée par les idées des Lumières, mais également la construction d’un extraordinaire empire pédagogique à travers l’usage intensif du journal comme instrument de pouvoir, qui lui permet de surveiller et d’éduquer ses jeunes protégés, de contrôler et d’asservir ses collaborateurs, voire de neutraliser la mère de ses élèves.
« …poussée par l’esprit de vengeance et le désir de se justifier, Mme de Genlis a procédé en 1791 à une incroyable publication dans les deux volumes des Leçons d’une gouvernante à ses élèves, divulguant des extraits choisis de ses journaux et de ceux de Le Brun [précepteur des enfants d’Orléans], et dressant un inventaire des journaux faits sous sa houlette. […] Seul le premier volume correspond à son titre, nous dit Mme de Genlis elle-même, et peut être lu par ses élèves. Il est fait d’extraits du journal à eux destiné qu’elle a tenu depuis août 1786. […] Le second volume des Leçons d’une gouvernante se termine par un exposé de son plan d’éducation, des extraits des journaux de voyage, et un inventaire de tout ce qu’elle a écrit dans le cadre de ces éducations, témoignant d’une graphomanie vertigineuse. » (Philippe Le Jeune, « Le panoptique de Madame de Genlis », Le Temps des femmes. Textes mémoriels des Lumières, The eighteenth century, n° 7, pp. 45-68.)
Dominique Julia, « L’empire d’une gouvernante : Madame de Genlis au service de la maison d’Orléans », Études sur le XVIIIe siècle, n° 47, 2019, pp. 267-318.
Price: €600.00
