Mémoire pour le sieur Bonvalet, entrepreneur de la Manufacture d'étoffes fleuries, établie à Saint-Maurice-lès-Amiens, contre Charles-Michel Cateigne, et Jean-Louis Cateigne, frères. [Avec :] Addition au mémoire pour le sieur Bonvalet. Contre le sieur Charles-Michel Cateigne. [Et :] Arrest de la Cour de Parlement de Paris, qui condamne Charles-Michel et Jean-Louis Cateigne […] pour avoir écrit et porté une lettre anonyme tendante à lui faire perdre son honneur et son crédit. Vicissitudes d'un pionnier de l'impression des étoffes au XVIIIe siècle
Paris : d'Houry, 1766.
In-4, 51 pages, 40 pages et 16, (1) pages. Broché et cousu sous couverture muette d’origine.
Mouillure angulaire brune sur les premières pages. Item #5167
Rare réunion des pièces du procès intenté par Alexandre Bonvalet à ses associés.
Après plusieurs tentativess infructueuses, Alexandre Bonvallet (1717-1795) ouvre en 1756 une nouvelle manufacture à Amiens, qui allait devenir le plus important imprimeur sur étoffes de la ville - avec, en 1787, l'obtention du titre de Manufacture royale d’étoffes fleuries. Bonvalet est aussi l'inventeur d'une nouvelle machine à imprimer les tissus, conçue sur le modèle de la machine à gaufrer et qui, imprimant au moyen de rouleaux, donnait une impression régulière et continue des motifs.
« Pour monter son entreprise, Bonvalet s’efforce de recruter des spécialistes. Dès 1757, il entre en contact avec une famille d’ouvriers beauvaisiens, les frères Cateigne […]. En novembre 1759, il leur propose même de s’associer avec lui à compter du 1er janvier suivant. […] L’entente entre Bonvalet et les frères Cateigne se détériore rapidement en raison de tensions d’origines diverses. […] Particulièrement mécontent, Alexandre Bonvalet porte plainte au bailliage d’Amiens à plusieurs reprises. […] Les deux parties en appellent au Parlement de Paris qui se prononce par l’arrêt du 4 septembre 1766, beaucoup plus favorable aux demandes de Bonvalet […]. En effet, Charles-Michel et Jean-Louis Cateigne sont condamnés solidairement à 18 000 livres de dommages et intérêts, indépendamment des 8 000 livres dues pour dissolution de la société formée antérieurement. […] Les mémoires rédigés par les avocats des deux appelants font apparaître les griefs majeurs qui les opposent […]. Le fondateur de l’entreprise ne reproche pas seulement aux trois frères d’avoir tenté de l’obliger à fermer en ruinant sa réputation, il les accuse aussi d’avoir négligé leur travail ou même de l’avoir mal fait volontairement. […] Bonvalet paraît craindre singulièrement que soient surpris et révélés ses secrets de teinture. Surtout, il redoute que les frères Cateigne, forts de leur union et de l’expérience acquise, n’envisagent de travailler désormais avec d’autres entrepreneurs de la spécialité et même de s’installer à leur propre compte. […] Ils réalisent d’ailleurs rapidement leur projet, probablement dès 1762. » (Charles Engrand, « Les difficultés financières et judiciaires d'un manufacturier amiénois novateur au XVIIIe siècle », Revue du Nord, 2013, 400-401(2), pp. 521-535.).
Price: €350.00