Recueil de quatre textes imprimés et un poème autographe offerts au comte de Chambord, qui fut son élève et son ami.
In-8, chevrette maroquinée verte de l’époque, dos lisse orné, encadrement d’un filet doré et d’une roulette de palmettes à froid sur les plats, coins des coupes décorés, dentelle intérieure, tranches dorées.
Dos très légèrement passé, nonobstant bel exemplaire. Etiquette imprimée postérieure sur le premier contreplat : « De la bibliothèque du comte de Chambord (Henri V de France, duc de Bordeaux, né en 1820), acquise par Maggs Bros. Ltd de Londres. ». Item #5162
De la bibliothèque du comte de Chambord, avec un poème autographe signé de Cauchy, qui fut son précepteur en exil.
- Considérations sur les ordres religieux, adressées aux amis des sciences. Paris : Poussielgue-Rusand, 1844.
In-8, 76-(2) pages.
- Mémoire à consulter adressé aux membres des deux chambres. Paris : A. Sirou, 1844.
In-8, 15-(1) pages.
- Considérations sur les moyens de prévenir les crimes et de réformer les criminels. Paris : H. Vrayet de Surcy et Comp., s.d.
In-8, 15-(1) pages.
- Epître d’un mathématicien à un poète, ou la leçon d’astronomie, s.l.n.d.
In-8, 7-(1) pages. Impression autographiée.
- « Voyage à Cologne », poème autographe dédié au comte de Chambord, signé et daté, 2 pages in-8, 9 juillet 1850.
De 1833 à 1838, le grand mathématicien Augustin Cauchy fut le gouverneur du duc de Bordeaux, petit-fils du roi Charles X exilé à Prague. Il cherche des méthodes d'enseignement originales et développe pour son élève une nouvelle forme de notation décimale qui permet d'effectuer facilement des calculs mentaux. En dépit de ses efforts, le jeune héritier ne montre ni goût ni talent pour les mathématiques, mais conservera amitié et admiration pour son maître jusqu’à la mort de ce dernier.
« Une histoire politique des scientifiques dans les révolutions ne peut manquer de citer le mathématicien Augustin Cauchy. Or, il représente un cas rare de savant de tout premier plan s’adonnant lui-même à la poésie scientifique. En effet, il écrit, récite publiquement et publie un poème sur l’astronomie. Cauchy était connu d’une part pour sa très grande piété, peut-être manifestée hors de propos lors des séances de l’Académie des sciences et qui l’avait en tous cas exposé aux railleries de Stendhal ; d’autre part pour avoir, légitimiste, refusé de prêter serment à Louis-Philippe, puis à Napoléon III, ce qui compliqua beaucoup sa carrière. Pour Cauchy, comme pour beaucoup de grands savants de son siècle, la pratique de la science n’est pas autonome et participe pleinement d’un militantisme idéologique. C’est dans cet esprit qu’il prend part à la création de conférences à l’intention des jeunes gens catholiques, et probablement de tendance politique légitimiste, dans l’intention de former une élite intellectuelle et morale acquise à certains principes philosophiques et politiques. Et c’est dans ce cadre qu’il écrit un poème où la science n’éloigne pas de Dieu mais y ramène en faisant l’éloge de la Providence divine magnifiée par chaque découverte scientifique. » (Nicolas Wanlin, “Le poème didactique : un genre réactionnaire ?”, La Révolution française [Online], 7 | 2014).
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