Apologie de Messieurs du Parlement.
Paris : Guillaume Sassier, 1650.
In-8, 12 pages. Broché, extrait d'une reliure.
Mouillure aux coins inférieurs, petit cerne en marge supérieure. Item #5156
Première édition d'une des rares Mazarinades signées par une femme, favorable à la Fronde parlementaire.
Les premières années de la Fronde ont donné lieu à une floraison d’écrits polémiques ; « il n’est pas mesme jusque des femmes qui ne s’en meslent », remarque avec mépris le bibliothécaire du cardinal Mazarin, Gabriel Naudé. Au nombre de ces femmes libellistes figure Renée de Monterbault.
Décrite de manière peu flatteuse par Hubert Carrier comme une "spécialiste de la poésie encomiastique", Renée de Monterbault-Bouju a en effet signé en 1649 et 1650 quatre courts textes qui relèvent de l’éloge. L'Apologie est son texte le plus ambitieux, s'inscrivant "au coeur même de certaines des polémiques de la Fronde, plus particulièrement celle concernant le rôle joué par le Parlement lors des événements de 1648-1649 qui ont conduit
au siège de Paris par les troupes royales. Ainsi, dans l’Apologie de Messieurs du Parlement (Paris, Guillaume Sassier, 1650 ; Moreau 103), Monterbault prend la défense des
parlementaires, à qui on reproche d’avoir fragilisé l’État en s’opposant à ses dirigeants, c’est-à-dire Mazarin et la régente. Cette défense intervient en 1650 à la suite d’un vif échange de libelles signés en 1649 par des critiques et des partisans du Parlement." (Jean-Philippe Beaulieu, Diane Desrosiers et Claude La Charité, "Libellistes de la Fronde", Remontrances, prophéties et confessions de femmes (1575-1650), Clasisque Garnier, 2014, pp. 191-235.)
Célestin Moreau identifie la dame Monterbault Bouju qui signe cette Mazarinade à la Montarbault dont Tallemant des Réaux fait le sujet d’une de ses Historiettes. Ce dernier la dépeint comme une aventurière et n’évoque pas ses écrits. Il est peu probable que cette Montarbault soit notre autrice.
Renée de Vigan, fille de Gilles de Vigan, écuyer, seigneur de Punelay (en Normandie), et de Jacqueline Le Coustelier, épouse vers 1630 Daniel Bouju (ca 1592-ca 1658), originaire du Maine, écuyer, seigneur de Monterbault, soldat aux Gardes du Roi puis capitaine d’une compagnie de cent carabins. On sait que le couple réside à Paris, rue Saint-Sulpice, en 1639 (cf. Émile Dupré Lasale, Notice sur Jacques Bouju, président au parlement de Bretagne (1515-1577), 1833). La même année, Renée de Monterbault se voit confier l’administration des biens de son mari par procuration ; elle semble en abuser car elle est obligée d’emprunter 40000 livres dès 1640. Le reste de sa biographie demeure mystérieux. Outre cette Apologie, elle composa trois autres pamphlets au moment de la Fronde, Harangue faite à Mr le President sur son nom historique pour le soulagement des peuples (s. l. n. d.), Le Throsne de la gloire eslevé à l’honneur de Monsieur le Prince (1651), et Sonnet presenté à la reine regente (1651).
Price: €450.00