Principes d'économie politique.
Paris : F. Buisson, an X-1801.
In-8, (4)-236 pages et 3 tableaux dépliants. Broché, couverture muette bleu-gris d'origine, pièce de titre imprimée d'origine au dos. Item #4913
La fondation de l'économie mathématique par un important prédécesseur de Cournot et Walras.
Bel exemplaire, tel que paru, avec une provenance de l'époque.
Nicolas-François Canard (1750-1833), professeur de mathématiques à l'Ecole centrale de Moulins, fut un précurseur de l'école mathématique en économie. Ses Principes d'économie politique sont le développement d'un mémoire couronné par l'Institut quelques temps plus tôt, en réponse à la question : "Est-il vrai que, dans un pays agricole, toute espèce d'impôt retombe sur les propriétaires fonciers ?" Canard y parvient après avoir parcouru toute la théorie générale de la circulation des biens.
Une autre originalité de cet ouvrage réside dans sa tentative, pour la première fois sans doute, d'appliquer l'algèbre à la science économique, ce qui lui vaut les reproches de ses contemporains Jean-Baptiste Say et Antoine-Augustin Cournot, qu'il devance pourtant dans cette approche. Mais la pensée économique de Canard ne peut être réduite au seul recours à l’instrument mathématique. L’intérêt de son œuvre se lit également dans sa critique de la pensée physiocratique et dans son analyse des concepts de latitude et d’équilibre.
« Canard a eu le rôle ingrat et le mérite d'un précurseur. Il est, à notre connaissance, le premier qui ait formulé et essayé de résoudre les problèmes d'équilibre économique auxquels l'école mathématique moderne ramène toute l'économie politique, et il en a signalé l'importance capitale. Il a tenté de construire la théorie de l'offre et de la demande et de la détermination des prix, et c'est déjà quelque chose d'avoir été le premier à le tenter. Il a donné une théorie de l'incidence de l'impôt vraiment remarquable, qui est trop absolue, mais qui contient une grande part de vérité. Il a eu, enfin, pour ne souligner en ce moment que les points les plus saillants, des rapprochements ingénieux entre l'appareil de la circulation des biens et celui de la circulation du sang, et des analyses d'une très fine psychologie économique sur les facteurs du désir de la richesse. » (Edgard Allix, « Un précurseur de l’école mathématique : Nicolas-François Canard », Revue d’histoire Économique et Sociale, vol. 8, no. 1, 1920, pp. 38–67.)
Magnifique exemplaire dans son brochage d'attente d'origine.
Provenance : ex-libris manuscrit au titre "Pélissier Félingonde". Il s'agit probablement de Michel Claude Pélissier de Féligonde (1765-1853), originaire de Clermont-Ferrand, qui fut député ultra-royaliste du Puy-de-Dôme de 1815 à 1830.
Einaudi 830 ; Goldsmiths 18122 ; Kress B.4350.
Price: €3,000.00


