Lettre autographe signée à Monsieur Prosper Galopin, 9 rue du four Saint Honoré à Paris.
Carpentras, 19 janvier 1863.
1 page in-4 sur formulaire de commande pré-imprimé à l’en-tête d’Auguste Rousseau, « Truffes noires fraîches et conserves de truffes en bouteilles et en boîtes. » Adresse, timbre et cachets au verso.
Quelques minimes déchirures aux bords, deux trous de perforation en marge droite (le document a dû être conservé dans les archives de Galopin). Item #4454
Rare lettre d’Auguste Rousseau, pionnier de la trufficulture, à un revendeur parisien, annonçant l’envoi de paniers de truffes, et déplorant une météo néfaste pour la trufficulture.
« Monsieur,
J’ai reçu votre lettre d’hier & je vous ai de suite passé dépêche vous annonçant l’envoi ci-dessus.
La situation est toujours la même. Après la pluie nous avons eu de la neige. Il faut espérer que le mal s’en tiendra là.
Demain je pense vous adresser deux ou trois paniers. Mais la belle marchandise devient fort rare avec le mauvais temps.
Recevez mes salutations,
Aug[us]te Rousseau. »
L’histoire de la trufficulture reste attachée à deux noms, Joseph Talon (1793-1873) pour son invention, et son cousin, Auguste Rousseau (1808-1894), négociant à Carpentras, pour sa diffusion et sa vulgarisation. Ce dernier est considéré comme le véritable fondateur de la production truffière et de l’industrie de la conserve de ce tubercule.
« Après avoir observé le fonctionnement des truffières sauvages sur les pentes du Ventoux, Joseph Talon, caveur à Saint-Saturnin-d’Apt, aurait eu l’idée, aux alentours de 1810-1814, de semer des glands à proximité. Quelques années plus tard, les chênes ayant poussé, il aurait alors récolté les premières truffes cultivées. […] Talon aurait réussi à garder le secret de ses plantations jusqu’au jour où son cousin, l’espionnant en cachette, aurait découvert sa méthode. Quelques années plus tard, c’est ce dernier qui aurait vulgarisé la méthode de culture indirecte. Vauclusien lui aussi, Auguste Rousseau est négociant à Carpentras. Il applique et reproduit chez lui, à grande échelle, la méthode de plantation mise en place par son cousin. En peu de temps, plus de sept hectares de truffières, qualifiées d’ « artificielles », sont plantées et entretenues. Bientôt, Auguste Rousseau commercialise ses truffes jusqu’à Paris et participe même à l’exposition universelle de 1855, où il est récompensé pour les lots de truffes récoltés sur sa propriété.
À la suite de ces deux pionniers, la culture de la truffe […] se diffuse rapidement (et somme toute facilement) sur l’ensemble des terrains truffiers et de tradition de cavage. » (Carole Chazoule, “L’histoire inachevée de la domestication truffière”, Ruralia [online], 15, 2004)
Prosper Galopin fils, propriétaire d’un commerce de comestibles rue du four Saint-Honoré à Paris, apparaît dans divers almanachs des années 1850-1860. Il reçut une mention honorable à l’Exposition universelle de 1867 pour les truffes présentées (cf. Catalogue officiel des exposants récompensés par le jury international, Exposition universelle de 1867 à Paris, p. 31.).
Price: €650.00