Item #4332 Guerre et Paix. Le rôle pacificateur de la femme. FÉMINISME, - MARSEILLE, MANUSCRIT.

Guerre et Paix. Le rôle pacificateur de la femme.

S. l. n. d. [fin 1918].

(16) feuillets in-4 inscrits aux rectos seuls, encre bleue sur papier quadrillé. Petites déchirures et accidents aux bords, quelques taches et pliures. Ratures, corrections et ajouts par la même main. Item #4332

Manuscrit d'une conférence ou "causerie" par une oratrice membre de l’Entraide féminine de Marseille.

Nous ne sommes pas parvenues à identifier l’autrice. Cependant plusieurs élements nous ont permis d’en établir le contexte, notamment le terme « causerie » employé à plusieurs reprises au tout début du manuscrit, ou le nom « Mademoiselle Naegely » cité un peu plus bas sur le premier feuillet. Edith Naegely (1872-1943) fut une des personnalités importantes du militantisme féminin marseillais. Issue de la grande bourgeoisie protestante, elle fut, entre autres, la co-fondatrice de l’Entraide féminine de Marseille (1915-1945), association féministe oeuvrant dans les domaines éducatifs, politiques et sociaux. L’une des actions de l’Entraide fémine reposait sur l’organisation de conférences bi-mensuelles à destinations des femmes, appelées causeries, dont l’autrice est l’une intervenante régulière (« Peut-être vous êtes vous étonnées que je ne vous ai cette année fait aucune causerie, et avez-vous pensé que je désertais un peu votre cause. » (feuillet 1). « Nos causeries continuent à être suivies par un nombre croissant d'auditrices. […] Rappelons qu'en donnant le titre d'Alliées à nos auditrices, aujourd'hui au nombre de 363, nous en faisons nos collaboratrices, plongeant ainsi jusque dans le peuple les fortes racines de notre œuvre, qui devient, de cette manière, plus profonde et plus vivante. Qu'on nous permette de souligner la haute portée sociale de cette union désintéressée, où toutes les classes se confondent et se soutiennent réciproquement dans la recherche du bien. » (L'Entr'aide féminine, Assemblée générale : compte-rendu de l'année 1918, p. 29).

La conférence a lieu « au lendemain de guerre » (feuillet 2) et l’autrice commence par dresser un constat très sombre de la France à la sortie de « cette guerre barbare et atroce », chiffres à l’appui, pour dénoncer ensuite un esprit de paresse généralisé. Suit une longue diatribe contre le marxisme, responsable selon elle de la dépréciation de la valeur du travail, et le bolchévisme, « doctrine de haine et de mort, […] qui a abouti à tant de crimes » (feuillet 6). L'oratrice énonce ensuite des considérations sur l’importance du capital dans l’économie, la menace que constitue encore l’impérialisme allemand, la nécessité d’établir une paix solide et durable, où les femmes ont un « rôle actif […] à jouer » (feuillet 11). « De tout ce qui précède il résulte clairement pour tous qu’un des premiers devoirs qui s’impose à nous, c’est le travail. » (feuillet 12). « Travaillons sans relâche chacun selon nos moyens et nos dons spéciaux… » (feuillet 13). Les femmes ont, selon elle, la responsabilité de peser sans relâche sur les hommes pour faire advenir une « humanité meilleure et plus fraternelle » (feuillet 15).

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