M. Richardi S. Victoris Parisiensis doctoris praeclarissimi, Opera. Ex manuscriptis eiusdem operibus quae in Bibliothecâ Victorinâ Servantur, accuratè castigata & emendata…
Rouen : Jean Berthelin, 1650.In-folio, (20)-688-(24) pages, quelques figures gravées dans le texte. Maroquin rouge de l’époque, dos à nerfs orné, armoiries répétées dans les entre-nerfs, roulette dorée encadrant les plats, armoiries au centre.
Vestiges d’onglets en marge d'une dizaine de feuillets. Dos un peu terni, deux ou trois petites taches d'encre et une mouillure sur le premier plat. Fortes rousseurs. Item #4238
Bel exemplaire en maroquin rouge de l’époque dans le style de Guillaume Corbéran, aux armes de François de Rignac (1595-1660), conseiller puis procureur général du Roi en la Cour des aides de Montpellier.
Ce type de reliure est caractéristique des ateliers du sud de la France, notamment celui de Guillaume Corbéran, artisan aixois et relieur du grand bibliophile Peiresc.
Sixième et dernière édition ancienne des œuvres de Richard de Saint-Victor, publiée par les moines de l’abbaye Saint-Victor de Paris.
Elle contient, en première édition, une notice intitulée « Richardi cononici et prioris Sancti Victoris parisiensis vita ex libro V antiquitatum ejusdem Ecclesiæ », écrite par Jean de Toulouse, lui aussi chanoine victorin, qui contient les seuls éléments biographiques connus sur Richard de Saint-Victor.
« Originaire d'Écosse ou d'Irlande, Richard dut entrer durant la première moitié du XIIe siècle chez les chanoines réguliers de l'abbaye Saint-Victor de Paris, dont il devint par la suite sous-prieur puis prieur. Avec Hugues de Saint-Victor, il est une des figures les plus représentatives de la célèbre école attachée à ce monastère. Comme beaucoup de victorins, Richard s'intéresse aux disciplines les plus variées. Un ouvrage d'introduction à l'étude des sciences sacrées, auquel il a donné le titre de Liber exceptionum, témoigne de son goût pour les arts libéraux, la philosophie, la géographie et l'histoire. Mais Richard s'occupe davantage encore d'exégèse, et il a laissé un certain nombre de commentaires bibliques, dans lesquels il met en œuvre des méthodes d'interprétation inspirées de celles de Hugues. Richard est aussi un théologien apprécié, que ses contemporains ont souvent consulté. Son ouvrage le plus célèbre, en ce domaine, est certainement son traité De la Trinité (De Trinitate), qui a pour objet de conduire son lecteur à une véritable intelligence du mystère, fondée elle-même sur une dialectique de l'amour réciproque et ordonné (ordo caritatis), aussi hardie qu'originale. Mais ce victorin s'est surtout fait connaître par un enseignement spirituel qui a fait de lui un des principaux maîtres de ce qu'on a appelé parfois la ‘mystique spéculative’. Cet enseignement est aussi bien contenu dans plusieurs commentaires de l'Écriture que dans des traités de caractère plus systématique. Les plus connus sont surtout le Livre des patriarches (De patriarchis) ou Petit Benjamin (Benjamin minor) et le traité de L'Arche de Moïse (De arca Moysi) ou Grand Benjamin (Benjamin major), dans lesquels Richard décrit les ascensions progressives de l'âme jusqu'aux plus hauts degrés de la contemplation et jusqu'à l'extase. Les écrits spirituels de ce théologien, indéfiniment cités, relus et recopiés, ont exercé une influence considérable sur la spiritualité et la mystique de la fin du Moyen Âge et de l'époque moderne. » (Jean Chatillon in Encyclopeadia universalis)
Provenance : François de Rignac (armoiries, OHR pl. 1902.) ; président Jean-Pierre d'Aigrefeuille (1665-1744), bibliophile et antiquaire (ex-libris héraldique gravé, sur chacun des contreplats, de la bibliothèque qu'il constitua dans son château de la Mogère à Montpellier).
Price: €3,000.00


