Item #3982 ΠΕΝΤΑΣ Quæstionum Iatro-philologicarum. NAUDÉ, Gabriel.
ΠΕΝΤΑΣ Quæstionum Iatro-philologicarum
ΠΕΝΤΑΣ Quæstionum Iatro-philologicarum

ΠΕΝΤΑΣ Quæstionum Iatro-philologicarum

Genève, Samuel Chouët, 1647. In-12 de (8), 332, et (4) pages ; vélin souple de l’époque, titre à l’encre au dos (Quelques petits manques de vélin au dos, papier roux.). Item #3982

Rare première édition collective de ces essais de philosophie de la médecine.

Peu étudié au sein de l’œuvre de Naudé, ce recueil de cinq opuscules épistémologiques rappelle l’importance de sa formation médicale, qui imprègne considérablement sa pensée naturaliste et matérialiste. Ces essais avaient été publiés séparément auparavant, mais ces éditions individuelles sont introuvables : la première question à Rome en 1632 ; la seconde à Césène en 1634 ; la troisième à Padoue la même année ; la quatrième en 1635 ; et la cinquième à Leyde la même année. Durant cette période où il vécut à Rome, Naudé fut le bibliothécaire du cardinal Giovanni Francesco Guidi di Bagno et obtint à Padoue son doctorat de médecine en 1633.

« La capacité à créer son opinion seule et de manière affranchie, c’est ce qui permit à Naudé de rédiger son Quæstiones iatrophilologicae. Ensemble de cinq essais proposant une approche de la médecine, il s’agit en vérité d’essais épistémologiques médicaux dans lesquels Naudé interroge la tradition, les textes anciens et modernes sur des questions courantes concernant le corps. La cinquième question, portant sur l’idée de progrès, est restée la plus célèbre. La médecine de la première moitié du XVIIe siècle est une discipline non ordonnée, qui recouvre différents domaines de compétences et de pratiques. La médecine en tant que telle n’avait que très peu d’audience, les sciences comme la chimie, la physique, l’herbologie commençaient à peine à poindre, quant aux praticiens, ce sont les chirurgiens qui touchaient véritablement les morts, sans pour autant avoir de connaissances anatomiques. Dans ce contexte, Naudé ne peut qu’innover, et il le fera dans un esprit expérimental d’un côté et selon sa méthode de l’autre. Il forge le terme de iatrophilologie qui qualifie une ‘approche particulière, celle du médecin et de l’érudit qui s’attache avant tout à reconstruite, de façon historiquement exacte, la tradition médicale, philosophique et littéraire relative au problème abordé’ ». (Marine Bastide De Sousa, « Qu’est ce qu’un libertin ? De l’érudition à l’engagement, le cas de Gabriel Naudé », Acta fabula, vol. 22, n° 5, Essais critiques, mai 2021, p. 204.)

« Dans sa Question iatrophilologique sur le destin et l’issue fatale de la vie [question V de ce recueil, paru pour la première fois en 1639 à Lyon], […] Naudé procède à une démystification du fatum et à une critique du fatalisme d’une grande proximité avec le De Fato d’Alexandre d’Aphrodise qui exploite Aristote contre le déterminisme stoïcien (‘le destin se trouve dans ce qui arrive par nature, de sorte que destin et nature sont la même chose’). Or, il est possible d’agir sur la nature, certes dans des limites étroites, et c’est bien ce à quoi s’emploie la médecine, pour ce qui est de la vie humaine. » (Jean-Pierre Cavaillé, “Anna Lisa Schino, Battaglie libertine. La Vita e le opere di Gabriel Naudé”, Revue de l’histoire des religions, 1 | 2017, pp. 185-188).

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